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Krach des obligations et flambee des taux : consequences en bourse

Article du 14/09/2026
Depuis plusieurs semaines maintenant, nous vous parlons de cette flambée des taux souverains (j'en parlais dans la lettre PEPITES DU RENDEMENT) qui cache un krach obligataire silencieux — l'OAT française à 10 ans qui a bondi de 3,60% à plus de 4,4% en deux mois, ce qui correspond, je le rappelle, à une baisse du cours des obligations concernées de plus de 25% désormais. Un vrai krach, simplement invisible parce qu'il ne s'affiche pas en rouge sur un écran d'indice actions.

Ce matin, je voudrais vous expliquer pourquoi ce choc obligataire ne frappe pas la Bourse de façon uniforme. C'est une erreur classique de penser qu'une remontée des taux fait mécaniquement baisser toute la cote. La réalité est beaucoup plus fine : elle redessine une hiérarchie entre les secteurs, créant des gagnants et des perdants selon la nature même de leur activité économique.

Ceux qui montent. Le pétrole et l'énergie, d'abord — logique, puisque c'est en grande partie la remontée des prix de l'énergie qui alimente l'inflation et pousse les taux à la hausse. Les entreprises du secteur en profitent directement. Le retail alimentaire, ensuite, surprend davantage : ce sont des entreprises capables de répercuter l'inflation dans leurs prix tout en bénéficiant d'un effet de valeur refuge pour le consommateur qui doit, quoi qu'il arrive, continuer à se nourrir.

Ceux qui souffrent. Le luxe est en première ligne, pénalisé par des taux plus élevés qui pèsent sur la consommation haut de gamme, surtout en cas de ralentissement économique — nous vous le disions déjà depuis des mois, restez à l'écart de ce secteur. La défense marque une pause après une très forte hausse, les taux élevés réduisant l'attrait relatif de valeurs devenues chères. Et les foncières souffrent structurellement : financement plus onéreux, valorisation des actifs immobiliers en baisse, dividendes qui deviennent mécaniquement moins attractifs face à des obligations qui rapportent enfin quelque chose.

Deux catégories intermédiaires méritent votre attention. Les semi-conducteurs et la technologie sont ambivalents : les valorisations restent sensibles aux taux, mais les thèmes de fond demeurent porteurs sur le long terme — tout dépend de la valeur et du contexte précis. Les valeurs de haut rendement hors foncières, elles, restent plutôt stables : si le rendement demeure élevé et que les fondamentaux sont solides, ces valeurs peuvent conserver tout leur attrait malgré la remontée des taux.

Ce qu'il faut absolument retenir. La flambée des taux ne fait pas baisser toute la Bourse mais c'est un narratif global qui change la hiérarchie des secteurs et des valeurs, la stratification de l'espace actionnarial. Certaines activités résistent, voire en bénéficient directement. D'autres, plus dépendantes du coût de l'argent, souffrent davantage. L'analyse au cas par cas reste essentielle : tout dépend de la valorisation de départ, de la qualité intrinsèque de l'entreprise, et du contexte économique propre à chaque secteur. Vous allez recevoir comme promis plusieurs mails cette semaine.

C'est exactement ce que j'explique en détail, avec des exemples concrets et des graphiques à l'appui — LVMH, et d'autres valeurs emblématiques de chacun de ces secteurs — dans une vidéo consacrée à ce sujet, disponible dès maintenant sur FranceBourse TV. Je vous invite vivement à la regarder pour visualiser concrètement ces mécanismes sur les cours de Bourse eux-mêmes :
www.youtube.com

Même choc, des destins très différents. C'est tout l'enjeu de cette rentrée, et nous allons continuer à le décortiquer ensemble dans les semaines qui viennent.

Jean-David Haddad
Bourse, Finance

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