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Pas de CHOC PETROLIER mais deux logiques en affrontement

Article du 08/03/2026
Nous sommes aujourd’hui, sur le marché du pétrole, face à un affrontement classique entre deux logiques de marché.

La première est une logique économique. Au début de l’année 2026, la plupart des analyses considéraient que le marché pétrolier restait plutôt bien approvisionné. Les projections de l’Agence internationale de l’énergie allaient dans le sens d’une hausse de l’offre mondiale et plusieurs analystes évoquaient encore récemment un Brent moyen autour de 63 dollars pour l’ensemble de l’année.

Autrement dit, dans une lecture purement économique, le pétrole ne devait pas être particulièrement rare.

Mais la seconde logique, beaucoup plus ancienne et beaucoup plus puissante, est en train de reprendre le dessus : la logique géopolitique du contrôle des flux énergétiques. Et dans l’histoire du pétrole, lorsque ces deux logiques entrent en collision, c’est presque toujours la seconde qui finit par dominer.
Le marché l’a parfaitement compris. En fin de semaine passée, le Brent a clôturé autour de 92,69 dollars le baril, tandis que le WTI s’est établi près de 90,90 dollars, après leur plus forte hausse hebdomadaire depuis longtemps.

La raison est simple : le marché ne raisonne plus seulement en termes d’offre et de demande. Il raisonne désormais en termes de vulnérabilité des flux énergétiques mondiaux.
Or ces flux passent par des points de passage extrêmement étroits et extrêmement stratégiques. Le plus important d’entre eux reste le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part considérable du pétrole mondial.
Lorsque ce type de passage devient instable, ce n’est plus seulement une question de barils supplémentaires ou manquants sur le marché. C’est une question de contrôle des routes énergétiques.
Et dès que cette question réapparaît, une prime géopolitique s’installe immédiatement dans les prix.
Les informations qui circulent actuellement vont toutes dans ce sens : perturbations dans les flux énergétiques du Golfe, réduction de production évoquée au Koweït selon Reuters, et surtout crainte qu’un passage durablement entravé à Ormuz puisse perturber une partie des exportations mondiales.
Dans ce contexte, le marché agit comme il l’a toujours fait dans l’histoire : il intègre immédiatement un scénario de rareté potentielle, même si celle-ci n’est pas encore réalisée.

C’est ce qui explique pourquoi, à court terme, le biais du marché reste largement haussier.
Mais il faut aussi garder en tête l’autre force à l’œuvre.
Car avant cette flambée récente, le consensus dominant restait celui d’un marché bien approvisionné. L’Agence internationale de l’énergie anticipe toujours une hausse de l’offre mondiale en 2026, et l’OPEP+ a confirmé une augmentation de sa production à partir d’avril, même si celle-ci reste limitée.

Cela signifie que si la tension géopolitique venait à se détendre rapidement, le marché pourrait tout aussi vite revenir vers une lecture plus économique et corriger les prix.

C’est pourquoi la semaine prochaine pourrait être dominée par une volatilité extrême.
Mon scénario central reste le suivant : un pétrole qui reste élevé, voire progresse encore, tant qu’aucun signal clair de désescalade n’apparaît.
Mais il ne faut surtout pas s’attendre à une trajectoire régulière. Le plus probable est une succession de séances très heurtées, avec des mouvements parfois violents, au gré des annonces militaires, diplomatiques ou logistiques.

En réalité, le marché pétrolier est entré dans une phase où les rapports de force géopolitiques reprennent momentanément la main sur les mécanismes économiques. Et dans ce type de configuration, ce ne sont plus seulement les barils qui comptent.
Ce sont les routes, les détroits, les armées et les rapports de puissance qui commencent à dicter le prix du pétrole.

Une vidéo est en ligne avec une analyse technique détaillée, et surtout une étude sur les prix à la pompe :
www.youtube.com

Jean-David Haddad
Rédacteur en chef de Francebourse.com

Photo Jean-David Haddad (puis de pétrole en Seine-et-Marne)
Bourse, Finance

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